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L’art en entreprise, un relais d’une stratégie RSE engagée

De plus en plus d’entreprises vivent la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) comme un véritable levier de différenciation. Au-delà de la dimension purement environnementale, sociale, voire sociétale, qui est généralement donnée à un engagement RSE, de plus en plus d’entrepreneurs élargissent leur stratégie RSE en y intégrant de nouveaux leviers parfois inattendus. L’introduction de l’art en entreprise est, avec certitude, l’un de ces nouveaux leviers qui se révèlent des plus pertinents…

L’art facteur de bien-être en entreprise

Les entreprises ont bien compris les bienfaits de s’investir dans la dimension culturelle et artistique. En adoptant une démarche artistique responsable, l’entreprise peut espérer véhiculer une image plus positive en interne et en externe, plus attractive, plus humaine. L’engagement artistique renforce son lien de confiance avec ses clients, partenaires et salariés. Un engagement artistique fort témoignera de la considération qu’une entreprise peut porter à ses collaborateurs. La fierté d’appartenance à un groupe ou l’adhésion aux valeurs d’une entreprises sera décuplée dans un cadre sublimé (valorisé) par une œuvre d’art exposée dans les bureaux et suscitant l’échange, (re)créant le lien entre collaborateurs, stimulant la créativité ou simplement accompagnant un bien-être au travail repensé au quotidien. De nombreux témoignages de chefs d’entreprises attestent que l’art en entreprise contribue à l’amélioration de la productivité, fédère l’esprit d’équipe, redonne une dimension sociale aux actions de l’entreprise et du sens à ses valeurs… L’art devient un pilier complémentaire (et incontournable…) à une vision RSE intégrée au cœur de l’entreprise.

De plus, un nouvel enjeu pour de nombreuses entreprises est leur capacité à attirer des jeunes talents. Exposer des artistes qui reflètent les valeurs de l’entreprise appuiera une culture d’entreprise et réveillera la marque de la société en interne et en externe. Des locaux ainsi sublimés par la présence d’œuvres d’art ne pourront que renforcer le sentiment de fierté des collaborateurs et séduire de jeunes recrues, parfois très exigeantes vis-à-vis de leur futur employeur.

Réinventer l’environnement de travail, ré-enchanter la vie au bureau, valoriser la marque de l’entreprise, repenser le bien-être des collaborateurs au travail… sont incontestablement au cœur d’une politique RSE harmonieuse et engagée.

La RSE ne peut pas être réduite qu’au développement durable !

La RSE est, aux yeux de beaucoup, la traduction de la politique de développement durable dans le monde de l’entreprise. Historiquement, les entreprises étaient principalement évaluées sur la base de leurs performances économiques. Avec l’arrivée du concept de RSE, les critères de cette évaluation ont changé : les entreprises doivent repenser leur stratégie au regard des piliers que sont leur politique environnementale mais aussi économique et sociale.

Au-delà des axes prioritaires d’une stratégie RSE, il est intéressant de noter que de plus en plus de chefs d’entreprises considèrent dorénavant l’art comme un vecteur incontournable de la vision globale de leur politique RSE. L’engagement sociétal pour la culture en général, ou l’art en particulier, se place en effet comme un facteur nouveau contribuant au développement social, économique et culturel d’une entreprise.

 

Fiscalité avantageuse pour accompagner l’introduction de l’art dans l’entreprise

Au-delà des valeurs positives véhiculées par l’art en entreprise, n’oublions pas la dimension patrimoniale pour l’entreprise de ce type d’investissement artistique. Deux modes d’acquisition sont envisageables :

  • L’amortissement

L’article 238 bis AB du Code Général des Impôts permet l’acquisition d’œuvres par les entreprises suivant des conditions spécifiques. Le prix d’acquisition peut être amorti et déduit du résultat sur 5 années par fractions égales. La déduction doit répondre à des règles bien spécifiques édictées dans le Code des Impôts. Il ne peut entre-autre s’agir que d’artistes vivants. Les œuvres doivent être exposées dans des lieux publics de l’entreprise (accueil, show-room, salles de réunion). Les entreprises assujetties à l‘impôt sur le revenu ou à l’impôt sur les sociétés peuvent bénéficier de ces dispositions légales. Les œuvres acquises sont inscrites à un compte d’actif immobilisé de l’entreprise.

  • La location avec option d’achat

La LOA offre plus de souplesse que la simple acquisition au comptant amortie sur 5 ans. L’article 39-1 du CGI (régime de droit commun des charges déductibles) permet de lisser les charges d’acquisitions sur plusieurs mois ou plusieurs années (13 à 60 mois). A l’identique du financement de matériel informatique ou de mobilier, l’acquisition d’œuvres d’art en LOA par les entreprises ou professions libérales permet de déduire les loyers de son résultat comptable. Selon une durée ferme et irrévocable, les loyers sont comptabilisés en charge et viennent donc diminuer le bénéfice imposable. A l’issue de la période de location, le locataire (l’entreprise) a la possibilité d’acquérir l’œuvre en demandant de lever l’option d’achat. Ce mode d’acquisition est plus souple dans la mesure où le dispositif a moins de contraintes : l’entreprise peut envisager le financement en LOA d’œuvres d’artistes vivants ou non. L’obligation d’exposition des œuvres dans des lieux publics de l’entreprise est moins stricte, sous réserve que l’œuvre soit bien dans les locaux de l’entreprise locataire durant toute la durée du contrat de LOA.

 

Pour tout savoir sur les réductions d’impôts sur les sociétés, c’est par ici. Et pour connaître toutes les modalités de financements d’œuvres, c’est par là.

 

Au-delà d’un aspect patrimonial et des avantages fiscaux ou comptables de ces dispositifs, l’art en entreprise peut s’inscrire en toute cohérence dans une stratégie RSE. De quoi lier l’utile à l’agréable…